Après le succès sans précédent pour un
album Metal du
Black Album, Metallica sort cinq
après,
Load, album très attendu qui souleva
une controverse énorme entre les fans de la première
heure et les "nouveaux " dira-t-on. Il y a ceux qui
adorent et ceux qui détestent. Sans rapport avec
la musique en elle même, c'est d'abord le nouveau look
arboré par les membres du groupe qui choqua puisque les
Horsemen se sont coupés les cheveux, provoquant ainsi un
tollé dans le milieu des Metalheads. Affront ?
Peut-être, mais après tout on s'en moque, vu qu'au
final c'est la musique qui compte, et c'est là que le bas
blesse...
Ce nouvel album sort sous la houlette de Bob Rock, le producteur
très controversé accusé d'avoir ni plus ni
moins détruit le groupe en formatant sa musique (à
tort ou à raison, c'est au choix, je n'entrerai pas dans ce
débat interminable). Là où Bob Rock met tout
le monde d'accord cependant, c'est au niveau de la qualité
du son, irréprochable, quel que soit les instruments.
Load ne dérogue pas à la règle.
Premier constat à la première écoute, si on
suit chronologiquement la carrière du groupe, Metallica a
encore changé de style. Après une période
Thrash des plus appréciées et une période plus
Heavy avec le
Black Album, les Mets tentent une nouvelle
approche, avec des sonorités toujours plus
lourdes, plus proches du Heavy de
Black
Sabbath. Le son est plus gras, et la musique moins vivace que
sur le
Black Album. Metallica et le Speed c'est bel et bien
fini, même les soli de Kirk n'ont plus le même panache.
Kirk tente ici plusieurs approches dans son art et dans les
sonorités, tantôt Bluesy, tantôt Groovy, si
certains sont sympatoches (
The House Jack Built,
Bleeding Me), d'autres sont ennuyeuses au possible
(
Hero of the Day,
Poor Twisted Me...). Mais
où est donc passé le guitariste qui conjuguait
à merveille mélodie et technique ? Aucune
émotion ne filtre, ou si peu... Même constat pour les
breaks (minables) et pour les riffs. Hetfield était aussi
reputé qu'Iommi pour sortir de petites perles, ici tout est
aseptisé et froid, déjà entendu. C'est un peu
comme si Metallica prenait le vent en poupe dans une course qui
n'est pas la sienne, s'inspirant bêtement (et facilement ?)
des autres (
Ronnie lorgne du côté d'un
Red
Hot, le riff de
Thorn Within ressemble
énormément à
Sex Type Thing de
Stone
Temple Pilots, pour le reste, cherchez du côté de
Black
Sabbath, c'est flagrant !). Ils sont lents, presque tout le
temps étouffés, sans âmes, à la
limite du différentiables pour certains...
Pour rester sur Hetfield, son chant est radicalement
différent des opus précédents. Sa voix n'a
plus l'aspect criard d'antan, et son chant se veut plus
recherché que sur le
Black Album. Seulement
voilà, Hetfield n'a jamais vraiment été un
chanteur, si son chant passait bien sur les albums
précédents c'est parce qu'il ne s'essayait à
aucune fioriture, ce qui n'est pas le cas ici. Hetfield tente,
change, et se plante... Si bien qu'on croit par moment
écouter un chanteur de Country, impression plus que
confirmée sur la pseudo ballade
Mama Said.
Egalement, les fameux "Yeah" reviennent à outrance, sortant
du plus profond des narines, très raffiné et
définitevement agaçant.
Until It Sleeps
aurait pu être un bon titre, de par son aspect
'chorusé', mais voilà, les "Yeah" nasillards passent
très mal. Même chose pour
Hero of the Day qui
a qui plus est un côté Pop et mièvre assez
désespérant... Les refrains sont mauvais, on en vient
à zapper carrément certains titres à cause du
chant ! Les textes étaient également un des points
forts de Hetfield, hélas, hélas... On est encore une
fois à des lieues d'un
MoP ou d'un
Justice,
ici on a l'impression qu'ils sont écrits parce qu'il fallait
bien combler les trous d'une façon ou d'une autre.
Qu'en est-il de la section rythmique si chère au
groupe ? Lars est discret mais efficace, ce qui n'est pas le
cas de Newsted qui se contente une fois de plus de faire de la
figuration. Le seul "solo" vraiment digne d'intérêt
est celui de
King Nothing, un chouia pompé
à
The Lemon Song de
Led Zep,
mais quand bien même. La basse est bien audible, ça
s'est sûr, mais elle est tout bonnement
inintéressante. Soit elle suit la rythmique, soit elle est
d'une pauvreté affligeante ! Comme d'habitude Hetfield a mis
un point d'honneur à s'approprier la composition, censurant
à outrance l'expression artistique des autres. Si Hammett
(présent pour la première fois en tant que guitare
rythmique) et Ulrich ont eu leur mot à dire sur
cet album, ce n'est pas le cas de Newsted. Dommage étant
donné la qualité de ses compositions au sein de
Metallica (
Blackned et
My Friend of Misery), puis
de Echo Brain.
Les Horsemen ont de nouveau tenté un changement de style,
malheureusement c'est cette fois-ci un échec cuisant. Ils
n'ont pas réussi à réitérer le coup du
Black Album.
Load est mauvais. Les titres
s'enchaînent et seuls quelques uns d'entre eux sont vraiment
bons. Seulement voilà, trois bons titres sur quatorze c'est
faiblard. On a du mal à croire que c'est le même
groupe qui a écrit
Master of Puppets dix ans plus
tôt ! Le chant est limite exécrable, et ce n'est pas
la musique complètement plate qui va arranger les
choses.
Seuls points positifs, c'est tout à leur honneur d'avoir
faits ce qu'ils voulaient, et pas ce que les fans voulaient. Ils
n'ont pas voulu rester ancrés dans un genre en reprenant la
même sauce à chaque fois (
Slayer,
hum ?) et on ne peut pas les en blâmer pour ça.
Dernière petite chose, on a souvent parlé d'un album
commercial... Commercial ?! Non, juste accessible. Etant un album
personnel et résolument différent, le terme
commercial ne peut s'appliquer ici.
Bran
Load
Note : 15 / 20
Année : 1996
A Ecouter : Until it sleeps, The outlaw torn, Hero
of the day, King nothing, The house jack built
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36
Commentaires (Moyenne : 11.81/20) -
5 ans ! Il aura fallu attendre 5 ans pour que Metallica offre
une suite discographique aux multi-platinés black album
sortit en 1991 (si l'on excepte le Live shit : binge and
purge sortit en 1993). 5 années pendant lesquelles le
groupe a beaucoup tourné (près de 3 ans), s'est
reposé et a composé près de 30 nouvelles
chansons. Il s'agit donc d'un doux euphémisme de dire que ce
Load était particulièrement attendu et que les
réactions qu'il a suscitées furent à la
hauteur des attentes qu'il a générées...
Mais qu'en est-il vraiment de cet album qui a provoqué un
tel tollé de critiques dans le monde du métal ?
Doté d'une pochette signée du très
controversé Andres Serrano (qui a mélangé du
sang de bovins et son propre sperme pour réaliser la
pochette), ce Load a effectivement de quoi surprendre, voire
choqué les fans les plus obtus du groupe. En effet, nous
sommes ici très loin du thrash de Master of puppets.
Cet album est-il pour autant mauvais ? Non. Il est même
particulièrement intéressant pour peu qu'on lui donne
une chance. La production est toujours signée Bob Rock,
l'homme qui était aux manettes pour l'album noir, et force
est de constater que celle-ci colle plutôt bien avec la
couleur générale de l'album. Ou plutôt les
couleurs. Puisque Load est un album très
varié, puisant allègrement dans différents
styles mais gardant toujours une unité, une griffe unique :
la griffe Metallica. Et c'est là l'un des points forts de
cet album : sa diversité...
On y découvre d'abord un groupe toujours très
heavy, s'appuyant sur une rythmique très lourde et des riffs
très affûtés comme sur King nothing
(initialement intitulé Load) sur lequel Hetfield
critique les groupes qui s'autoproclament roi d'un genre, sur
2x4 doté d'un riff rebondissant ( !) ou
encore sur les très énergiques Ain't my
bitch et Wasting my hate.
Mais on y découvre également d'autres facettes de
Metallica : une facette presque progressive
représentée par Bleeding Me et surtout par
le dernier titre de l'album (The outlaw torn), superbe
morceau long de plus de 9 minutes sur lequel James démontre
sur le refrain ses énormes possibilités
vocales.
Le groupe explore également le blues sur les morceaux
Poor twisted me et Ronnie et le folk sur la
ballade Mama said. Metallica se paye même le luxe de
se pencher (de loin, rassurez-vous !) vers la pop notamment sur les
parties claires du premier single de l'album Until it
sleeps ainsi que sur certains passages de Hero of the
day (le morceau est en fait basé sur le contraste entre
des couplets très calmes et enjoués, presque pop et
un refrain violent et sombre, un des rares passages où
Ulrich utilise sa double grosse caisse... sublime !).
Outre sa diversité, Load montre également
un groupe sûr de sa force : en effet, les talents de
musiciens du groupe ne sont plus à démontrer et
Metallica souhaite désormais axer sa musique sur le feeling,
le groove, l'émotion... et ne plus entrer dans une
véritable démonstration technique comme ce fut le cas
pour ...And justice for all. Là où il aurait
posé un solo de shredder il a y quelques années, Kirk
Hammett tente désormais de servir au mieux la chanson : le
meilleur exemple est le génial solo à la
pédale wah-wah de The house Jack built, tout en
feeling...
Il serait néanmoins exagéré d'affirmer que
les morceaux de Load sont meilleurs ou ne serait-ce qu'aussi
bons que les monuments composés par le groupe autrefois...
Disons plutôt qu'ils sont différents : ce qu'ils ont
perdu en rage et en technique, ils l'ont gagné en
émotion.
Il convient donc de saluer la prise de risque du groupe qui
aurait pu se contenter de sortir un black album bis et ainsi
capitaliser sur le succès phénoménal de son
précédent disque. Au contraire, les four horsemen ont
poursuivi leur évolution vers un style plus rock, proposant
un album qui, s'il n'atteint pas la qualité de ses glorieux
aînés (Master of puppets, Ride the
lightning, ...), reste un album d'une grande richesse. Que les
fans de la première heure se le dise, Metallica a grandit et
mûrit, Metallica n'est plus ce groupe de thrash
composé de jeunes loups affamés près à
dévorer la planète. Les quatre musiciens ont
maintenant la trentaine, une vie de famille et un statut
d'icône du metal. Bref, Metallica n'a plus rien à
prouver sur ses capacités à jouer une musique rapide
et il est donc tout à fait compréhensible que ses
membres ait eu envie d'explorer de nouveaux horizons, de se mettre
en danger... quitte à bousculer certains de ses fans ?!
Damien
Pontus
Metallica (Black
Album)
Note : 15 / 20
Année : 1991
A Ecouter : Enter Sandman, Sad But True, My Friend
of Misery, Don't Tread On Me
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45
Commentaires (Moyenne : 16.69/20) -
L'album éponyme de Metallica, plus connu sous le nom de
"
Black Album" en raison de sa pochette noire, est l'album
qui popularisa le groupe, et le Metal par la même ocassion.
Les Mets ont abandonné leur côté Thrash
pour une musique bien plus Heavy. Aujourd'hui
encore,
Metallica reste le disque Metal le plus
vendu avec pas moins de 20 millions d'exemplaires à travers
le monde. Certes, on est loin des chiffres d'autres artistes, mais
quand bien même, ça reste une prouesse pour une
musique de cette trempe là...
Ce cinquième album s'ouvre sur la très
célèbre
Enter Sandman, ou comment faire un
hit planétaire à partir d'un riff composé sous
l'emprise de la vodka ! A l'instar de
Smoke On The Water
(
Deep
Purple), un bon nombre de guitaristes débutants ont
dû se faire les dents sur ce riff. Pour revenir à
cette chanson tout de même, on constate que grâce
à l'arrivée de Bob Rock à la production le son
est enfin bon. Après trois albums au son moyen (bien
qu'ayant leur charme !) et un autre au son bâclé,
Metallica dispose enfin d'une production de qualité. On
aurait aimé que les Mets aient une telle qualité de
son auparavant ! Autre constat, la voix de Hetfield a fini de muer,
eh oui, en plus il a pris des cours de chant pendant
l'enregistrement après s'être cassé la voix sur
So What. Du coup, le chant est nettement supérieur
à ce qu'a fait le groupe précédemment, plus
grave et surtout varié.
Les Horsemen enchaînent ensuite sur
Sad But True,
tout aussi connue que
Enter Sandman. La chanson Heavy par
excellence de Metallica tant les riffs n'ont jamais
été aussi gras et lourds. Fini les cavalcades
effrénées, place au Metal sans concession. Evidemment
cet album marque une rupture nette par rapport à
...And
Justice For All, qui en marquait déjà pourtant
une grande. Si cet album a conquis de nouveaux fans, beaucoup
d'autres se sont arrêtés à '
Justice'.
Metallica a mûri et nous offre un album plus sombre
dans ses sonorités et moins axé sur les prouesses
techniques. Si Hammett reste excellent, il délaisse la
technique pure pour une plus grande harmonie dans ses phrases
musicales.
Nothin Else Matters et
My Friend of
Misery étant sans doute les deux meilleurs morceaux
relatant ce changement.
Les titres
The Unforgiven et
Wherever I May Roam
sont peu ou prou similaires, introduisant habilement des passages
à la guitare sèche et bénéficiant d'un
chant posé au ton graveleux. Il ne reste autrement dit plus
grand chose de leur musique d'avant. Et quand vient la mielleuse
acoustique
Nothing Else Matters, le plus gros
succès du groupe, on se dit que le Metallica d'antan aux
rythmiques rapides, au chant aigu et peu maîtrisé est
bien mort. Mais pourtant ils restent bons les bougres ! Le disque
peut décevoir, mais il reste néanmoins de grande
qualité grâce à une production
irréprochable sur des titres qui le sont presque tout
autant. Plus court, plus lent, plus axé sur le chant et
comprenant moins de passages musicaux purs à proprement
parler, le
Black Album a quelque chose qui fait que
même en ayant connu Metallica avant cet album on accroche
à leur changement.
Concernant Newsted, le petit nouveau, il faut attendre
The God
That Failed, et surtout
My Friend of Misery pour
qu'il daigne montrer un brin d'originalité dans son jeu. Il
a certes été muselé par Hetfield et Ulrich
mais quand bien même, il aurait dû manifester un peu
plus d'engouement ! C'est d'autant plus dommage qu'il est à
l'origine de
My Friend of Misery, une des meilleures
chansons de cet album, basée sur une montée
mélodique tout en finesse et en puissance. Originellement
prévue pour être une instrumentale, cette piste est
par conséquent une petite merveille au niveau de sa
structure, faisant la part belle à de douces mélodies
entrecoupées par des riffs bien lourds comme seul 'Tallica
sait le faire.
Le
Black Album est très bon disque marquant un virage
(étonnament bien pris) dans la carrière des Horsemen.
Construit différemment des autres, il a su toucher un public
plus large grâce à des compositions plus accessibles
car moins violentes et plus courtes. Revers de la médaille,
une bonne partie des fans de la première heure ont
été profondément déçus par ce
disque. Comme bon nombre de groupes de Hard Rock des années
1980, les Horsemen se sont calmés au profit d'une musique
plus mâture.
"'
Tallica gives you Heavy Baby !" - James Hetfield
Bran
...And Justice For
All
Note : 17 / 20
Année : 1988
A Ecouter : Blackened, ...And Justice For All,
One, The Frayed Ends of Sanity, To Live Is To Die, Dyers Eve
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44
Commentaires (Moyenne : 17.75/20) -
Cliff Burton étant tragiquement disparu lors d'un accident
de car à Stockholm, Metallica aurait pu s'arrêter
là. Le bassiste avait eu un influence considérable au
sein du groupe, rendant le "headbang" de rigueur et faisant
découvrir aux autres toute sorte de musique, allant du
classique de Bach au Metal sans concession de Venom. Les Horsemen
avaient tout d'abord décidé de stopper là leur
chevauchée, mais les parents de Cliff les en
dissuadèrent et le lendemain de l'enterrement ils
commencèrent des auditions afin de lui trouver un
remplaçant. Ce remplaçant fut Jason Newsted, ancien
bassiste de Flotsam & Jetsam au jeu bien différent
puisque jouant au plectre et non aux doigts. Metallica cherchait
avant tout un bassiste leur correspondant.
Après un
Master of Puppets magistral et une
carrière qui commence à peine à
décoller, le groupe est une nouvelle fois attendu au
tournant. Pour décompresser Metallica enregistra un album de
reprise,
Garage Days Re-Visited, avant de sortir leur
quatrième album :
...And Justice For All.
Newsted a participé activement à l'écriture du
titre
Blackened, qui ouvre ce nouvel album et qui annonce
par la même occasion un changement dans la musique des
Horsemen. Leur musique est moins rapide, plus lourde, plus
complexe, et la voix de Hetfield a enfin fini de muer pour devenir
plus rauque. Du coup Metallica livre une musique plus agressive que
jamais en privilégiant la technique plutôt que la
vitesse. Les riffs sont légions et d'une lourdeur encore
inédite dans ce qu'a pu faire auparavant le groupe. La
chanson titre fait près de dix minutes, dix minutes
d'innombrables structures graveleuses et tortueuses.
Les mélodies sont également mieux construites, dans
la continuité de ce que les deux albums
précédents laissaient supposer. C'est surtout au
niveau des soli que c'est le plus marquant, Hammett utilise sa
"wah" à outrance pour sortir de véritables perles :
Blackened,
...And Justice For All,
Harvester
of Sorrow,
The Frayed Ends of Sanity...
Les soli de "Justice" sont également d'une technicité
renversante,
One et l'explosive
Dyers Eve
étant sans doute les exemples les plus flagrants pour
témoigner que Hammett est au sommet de son art. Pour en
être convaincu il suffit de prêter une oreille sur la
"power ballade"
One, sur laquelle se trouve le solo le
plus complexe de la discographie des Horsemen.
One est par
ailleurs l'une de leurs meilleures chansons ; son intro
acoustique, sa rage allant toujours crescendo pour finir en
apothéose sous fond de guitares saturées et autres
coups de double pédale !
On retrouve une partie de Cliff sur le morceau instrumental
To
Live Is To Die, qui reprendrait des passages composés
par le bassiste. Comme les précédents morceaux
instrumentaux, celui-ci est une belle réussite. Très
mélancolique avec sa guitare claire, très grave avec
ses guitares lourdes, les deux parties se superposent pourtant
à merveille et savent émouvoir.
Les sujets abordés sont sérieux et touchent à
peu près tout ce qu'il y a de plus joyeux dans le monde :
guerre, corruption, misère, souffrance...
One
s'inspire du film
Johnny Got His Gun et est
particulièrement marquante de par la gravité
soulevée par les paroles. Hetfield n'est peut-être pas
un chanteur remarquable, mais est pour sûr un excellent
parolier !
Ce quatrième album, le premier depuis la mort de Cliff, est
une nouvelle réussite. Metallica a su renouveler sa musique
sans rien perdre de sa puissance.
...And Justice For All est
indéniablement l'album le plus sombre et le plus abouti du
groupe d'un point de vue purement technique. Les rythmiques sont
saccadées, torturées et Hammett est à son
meilleur niveau avec ses soli d'une complexité saisissante
n'ignorant pas les vraies phrases musicales.
Seul ombre au tableau : la production. Si le son des guitares et de
la voix est irréprochable, ce n'est pas le cas pour la basse
et la batterie. Cette première est en effet
complètement inaudible, comme effacée au mixage, et
la batterie sonne trop clair, à l'opposé des guitares
graves. Bien que ne contrariant que peu l'écoute, on ne peut
que regretter ce mixage car sans ces défauts "Justice"
aurait sans doute été un album proche de la
perfection, du même acabit que
Ride the Lightning et
Master of Puppets.
Bran
Master Of
Puppets
Note : 19 / 20
Année : 1986
A Ecouter : en int駲alit鼢r>
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77
Commentaires (Moyenne : 19.28/20) -
Deux ans après l'excellent Ride The Lightning
Metallica nous sort un nouvel album, un album attendu au tournant.
En effet, comment faire suite à Ride The Lightning
sans décevoir ? C'est ce pari incroyable que Metallica a
réussi avec Master of Puppets. Mais MoP n'est
pas seulement le meilleur album du groupe, puisque s'il y a bien un
album que l'on retrouve régulièrement en tête
des classements hyper-subjectifs des meilleurs albums Metal, c'est
bien Master of Puppets, et pour cause...
A l'instar de RtL, MoP débute sur une intro
acoustique particulièrement réussie. Le ton finit
bien évidemment par monter avec l'arrivée de Lars,
Cliff et de la distorsion. Dès leur arrivée on
ressent une sorte de contrôle, de maîtrise d'une
violence musicale parfaitement maîtrisée. Ce
contrôle ne dure pas longtemps et James nous sort un de ses
riffs monstrueux comme il est si bien habitué à en
faire. Ca fuse de partout avant l'arrivée d'un des meilleurs
break du groupe au milieu de la chanson, on retrouve là une
nouvelle fois une puissance maîtrisée. Tout le monde
se calme, la batterie apporte une dynamisme incroyable et le riff
de Burton à la basse est parfait mais trop discret. Hammett
vient ensuite placé le premier solo de MoP, et quel
solo une fois encore. Et que dire de la fin d'une rare puissance,
un rythme haché d'une lourdeur et d'une vitesse à
vous bousiller les cervicales ! Battery parle de
l'énergie dévastatrice, et rarement une chanson n'a
aussi bien porté à son nom...
Blam... A peine a-t-on le temps de se remettre du déluge
d'énergie de Battery que vient la chanson
éponyme de l'album, chanson que beaucoup considère
comme la plus grande réussite du groupe, et ce n'est pas
pour rien étant donné le nombre de riffs tous plus
hallucinants les uns que les autres. Il y a ces montées, ces
refrains, ces paroles, ces soli, cette interlude... L'interlude de
MoP... Sans doute l'une des meilleures choses faites par
le groupe. Après un déluge de violence le groupe
casse le rythme et nous pond une magnifique interlude
mélodique de 30 secondes avec un solo de basse et un solo de
guitare. A la fin de ce petit passage atypique Metallica nous
démontre une fois encore son aptitude à contenir son
énergie avec un passage en palm mute, très pesant, on
sent le ton monter d'un cran encore. Vient ensuite le solo Thrash
de Hammet, indéniablement réussi une fois encore et
d'une technique à toute épreuve. Quelques mots sur
les paroles tout de même, puisque celle de MoP
figurent parmi les meilleures du groupe. Elles dénoncent la
drogue, la perte de contrôle, la domination que peut avoir
cette m*rde sur nos vies, le tout est bien sûr imagé
et fait de façon subtile.
The Thing That Should Not Be est la chanson la plus
Heavy de l'ère Thrash de Metallica. Du coup elle peut
apparaître comme l'une des plus faibles de cette
période. La chanson se base sur le roman Shadow Over
Innsmouth de Lovecraft et est néanmoins assez bien
faite, ni tout à fait ratée, ni tout à fait
réussie, cette musique trouve sans doute autant de
détracteurs que de fans, contrairement au reste des chansons
qui doivent faire l'unanimité.
Comme sur RtL la quatrième piste est une 'power
ballad'. Welcome Home (Sanitarium) s'inspire très
fortement pour ses harmoniques de la chanson Rainbow
Warrior (écoutable ici)
du très méconnu Bleak House (le groupe n'a jamais
sorti d'album). Sanitarium est pleine de passages
variés, alternant guitare claire et grosse distorsion. La
basse est omniprésente et fourni une excellente rythmique
sur la guitare claire de Hetfield et les nombreux soli de Hammett.
Le chant de James est ravageur et je défie quiconque de ne
pas reprendre le refrain en coeur, un peu comme sur
Battery ou MoP d'ailleurs. Comme dans toute
'power ballad' le rythme ne peut et ne doit pas rester lent, du
coup les Four Horsement se lâchent sur des passages on ne
peut plus rapide. A la fin on trouve le seul duel de guitare de
Hammett et Hetfield, l'un mimant l'autre comme s'il était
devant un miroir (pour reprendre l'explication du groupe).
Disposable Heroes est la première chanson
véritablement engagée du groupe,
dénonçant de façon générale la
guerre, et ses paroles très fortes ont tout pour choquer. Le
début est tonitruant et Ulrich démontre ici tout son
talent de batteur avec là encore une violence contenue avec
maestria. Après, des riffs inhumains se succèdent,
d'une vitesse et d'une violence montrant toute la haine que l'on
peut trouver sur un champ de bataille. Ah qu'elle était
belle l'époque où les 'Horsemen' pouvaient nous
pondre des rythmiques de cette trempe !
La mère de James Hetfield est morte à cause de son
endoctrinement dans une secte, Leper Messiah est une
chanson qui attaque de façon virulente ces sectes, et en
particulier les télé évangélistes qui
amassent des fortunes sur les gens les plus crédules.
Très Heavy, cette chanson comporte néanmoins quelques
passages Thrash. La basse est bien présente et apporte sans
conteste une ambiance pesante au titre. Le pont
précédant le solo renoue plus avec les premiers
titres avec une cavalcade Thrash digne de The Four
Horsemen ! A noter que Dave Mustaine (Megadeth), ex-guitariste
du groupe, revendique l'écriture du riff principal, mais de
là à savoir si c'est vrai...
On arrive presque à la fin du disque, et là on
tombe sur une nouvelle instrumentale. Sachant à quel point
la précédente était réussie on pouvait
se demander si le groupe pouvait nous en sortir une autre du
même acabit. Force est de constater que oui, Orion
est la plus belle instrumentale écrite par le groupe,
peut-être même leur meilleure musique. Le titre
commence lentement en crescendo avant d'exploser
littéralement, Hammett a le champ libre pour s'exprimer
pleinement et nous offre de beaux soli interminables. En plein
milieu on change complètement de rythme, passant du Heavy
à du Jazz ! Cliff Burton était le membre du groupe
qui avait le plus d'influences musicales et on sentait clairement
quand il composait un morceau. Dans Orion on retrouve
ainsi tout son talent de compositeur et il arrive à
placer un solo de basse Jazzy absolument somptueux, léger,
technique, mais trop court malheureusement ! Hammett et Hetfield
viennent en effet vite rejoindre le bassiste avec leur guitare au
chant de baleine (sic). C'est beau, aérien, envoûtant,
magique... Après cette interlude de toute
beauté on repart dans le lourd, et Hammett se
lâche sur un solo encore ahurissant ! Les membres de
Metallica montrent avec Orion leur capacité
à changer de style, de tempo quand bon leur semble. Le
mélange inattendu et surprenant fonctionne à
merveille, les styles se rejoignent dans une grande harmonie, une
véritable symbiose qui dure plus de huit minutes.
Orion est la petite perle de ce CD culte. A savoir quand
même, c'est cette musique là que Metallica a choisie
pour les funérailles de Cliff, tragiquement
décédé dans une accident de bus en
Suède pendant la tournée de 1986.
Digne de Metal Militia ou de Fight Fire With
Fire en terme de violence et vitesse, Damage Inc.
clôt on ne peut mieux cet album mythique, refermant
également la page Thrash des Four Horsemen. La chanson est
véloce, les riffs rapides, les break sont énormes, le
solo... Le solo... Une fois encore Hammett nous laisse bouche
bée devant un torrent de notes impressionnant. La vitesse ne
fait certes pas tout, mais quand c'est aussi bien fait, aussi bien
construit, on en redemande. Damage Inc. est pleine de
petites choses qui la rendent jouissive à souhait !
Master of Puppets est l'un des meilleurs CD Metal,
difficile de ne pas être dithyrambique devant une telle
oeuvre. Metallica a atteint une certaine forme de maturité
avec ce disque. Les chansons sont construites avec
subtilité, et maîtrisées de bout en bout. Les
musiciens sont tous au sommet de leur art et MoP
apparaît comme un disque d'une grande richesse, bourré
de riffs et de breaks qui font la différence avec les autres
groupes de l'époque ! Plein de musiciens de Thrash peuvent
jouer aussi vite, sortir des soli du même niveau, mais peu
sortent du lot autant que Metallica et son MoP !
Sur ce nouvel album, Metallica a également mis un point
d'honneur à relier ses chansons à un rapport de
domination nous conduisant à la mort comme le montre la
pochette. Les mains de Dieu représentent la domination ;
quant aux tombes, elles symbolisent les morts résultant de
cette domination. La plupart des chansons se basent sur cette
interaction. Master of Puppets n'est pas seulement un disque
rempli de riffs tenant du génie, de soli
démentiels... C'est aussi une oeuvre philosophique pleine de
sens multiples, de dénonciations parfois imagées,
parfois non. Ce petit plus ne fait que renforcer le fait que cet
album soit une des plus belles réussites de l'histoire du
Metal. Aussi culte que Machine Head (Deep Purple) ou
Paranoid (Black Sabbath), Master of Puppets est un
disque clairement incontournable !
Bran
Ride The
Lightning
Note : 18 / 20
Année : 1984
A Ecouter : Tout, et en boucle
(except頔rapped Under Ice et Escape)
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36
Commentaires (Moyenne : 18.56/20) -
Un an après marqué le monde de la musique avec son
Kill'Em All, Metallica
change déjà de direction avec Ride The
Lightning. Tout en conservant une optique thrash le
groupe a su apporté une dimension plus "mélodique"
(quel bien grand mot dans ce genre) à ses compositions. Le
temps des rythmiques simples et efficaces jouées à
toute berzingue est déjà révolu. Ride The
Lightning se veut plus réfléchi, mais tout aussi
violent...
L'album s'ouvre sur une intro du plus bel effet avec notamment
l'emploi d'une guitare douze cordes et de plusieurs autres
guitares acoustiques. Vient ensuite un riff dévastateur qui
plonge l'auditeur dans une sorte d'armaggedon. Il n'y pas d'autre
mot car là est bien le thème de Fight Fire With
Fire, l'apocalypse nucléaire sous un déluge de
violence. Pour faire simple, cette introduction toute en finesse
est une sorte de calme avant la tempête. On retrouve ici une
rythmique particulièrement complexe en raison de sa vitesse
frénétique et du fait que la même note n'est
plus matraquée à outrance comme sur Kill'Em
All. Derrière sa batterie, les pieds en permanence sur
ses doubles pédales, Lars Ulrich de déchaine et
insuffle une puissance supplémentaire à cette musique
déjà plus que ravageuse. Le gros break
précédant le solo est comme d'habitude
chez Metallica
une pure réussite et introduit un solo de Kirk Hammett tout
simplement magnifique où le tapping en règle
disparaît un tantinet au profit d'une vraie recherche
musicale. Les notes ne sont plus placées n'importe comment
et donnent réellement une phrase musicale. A peine somme
nous remis de nos émotions que vient Ride The
Lightning, l'une des rares chansons de l'ère Mustaine
(Megadeth) à avoir survécu à Kill'Em
All, et il aurait été bien dommage de nous en
priver tant cette chanson est réussie. Moins thrash, plus
heavy, Ride The Lightning vaut surtout qu'on s'y attarde
pour sa partie centrale. Les riffs précedants le solo sont
en effet composés de mains de maîtres et accompagnent
à merveille un solo dont la vitesse va crescendo jusqu'aux
limites du possible. La voix criarde de James Hetfield fait
toujours défaut, même si elle prend avec du recul un
petit air de nostalgie. Que ceux qui pensent que cette chanson
dénonce la peine de mort remettent en question cette
idée, James Hetfield a simplement voulu parler de ce que
pouvait ressentir un condamnée à mort sur sa chaise
électrique peu avant son exécution ! Il n'y a donc
nul message politique dans cette chanson contrairement aux
apparences. Sur For Whom The Bell Tolls le bassiste Cliff
Burton met son génie en avant en couplant distorsion et
wha-wha afin de donner un résultat des plus impressionnants.
A noter que le solo de guitare suivant celui de basse fait
furieusement penser à la fin de Fairies Wear Boots
de Black Sabbath sur l'album Paranoid... Sinon, juste pour
information, la chanson tire ses sources du roman du même nom
écrit par Hemmingway et contant l'assaut d'une colline
pendant la guerre civile espagnole.
Fade to Black est une première dans l'histoire
des 'Horsemen' puisqu'il s'agit là de leur première
"power ballad" (une ballade qui finit... bruyante on va dire).
Cette chanson avait fait couler beaucoup d'encre à
l'époque, beaucoup considérant que Metallica
s'était calmé et faisait de la "pop", ce qui est
particulièrement réducteur et absurde. Le groupe a
écrit cette chanson après le vol de leur
équipement lors d'une tournée et les paroles qui en
découlent sont particulièrement fortes et portent sur
la perte, le suicide... L'introduction est jouée par
Hetfield sur une guitare acoustique et Kirk Hammett vient peu
après poser une guitare des plus lyriques. Après
quelques notes douces s'en suit alors un passage plus lourd
après que Hetfield ait fait exploser sa haine. On retrouve
cette alternance calme/violence tout au long de la chanson,
jusqu'à ce qu'intervienne une transition introduisant un
second solo. Ce solo est une anthologie à lui tout seul,
deux minutes absolument magiques où les notes
défilent et s'enchaînent avec une grande harmonie. Une
dernière (rare) petite chose qu'il convient de noter
: chaque instrument a sa phrase musicale lors des passages
calmes, on a trois pistes différentes pour une même
chanson . La basse ne se contente pas de suivre la rythmique, la
guitare acoustique sert de fond sonore tandis que le soliste place
la mélodie principale. Une véritable petite
merveille.
Après quatre titres tous aussi réussis les uns que
les autres les 'Horsemen' déçoivent avec Trapped
Under Ice (issue de la démo Impaler, du
précédant groupe de Hammett, Exodus) et
Escape, sans doute les deux plus mauvaises chansons de la
période précédant le Black Album. Non
seulement les musiques sont poussives à souhait, mais en
plus James Hetfield les massacre littéralement au chant, et
seuls quelques passages méritent un peu d'attention. Le
comble est quand même la sirène ajoutée
à la fin de Escape qui gâche encore plus
cette chanson un peu faiblarde...
Autre chanson récupérée du temps d'Exodus
(Die By The Sword) et inspirée du film Les Dix
Commandements, Creeping Death nous fait vite oublier
les deux chansons précédentes avec ses
martèlements tonitruants et ses refrains entraînants
à souhait ! Le paroxysme est à son comble
après le solo de Hammett, le rythme chute brutalement et la
guitare reprend le refrain sur un couple basse/batterie
fonctionnant en parfaite harmonie. Hetfield intervient ensuite avec
le célèbre refrain "Die, By My Hand, I Creep
Across The Land, Killing First Born Man...", Burton et Hammett
vociférant en choeur des "DIE !" des plus énergiques.
En live le public éprouve une grande satisfaction à
hurler ces "DIE !" lors de cette interlude.
L'album s'achève sur oeuvre instrumentale inspirée
de l'univers de H.P Lovecraft et de son fameux Cthulhu (prononcez
'Kuh-Loo-loo'), sorte de créature ailée à la
peau écailleuse et à la tête de pieuvre.
Après un préambule joué en notes claires le
climat ne cesse de s'obscurcir avec les arrivées
progressives de la seconde guitare, de la basse, puis enfin de la
batterie. La musique explose ensuite avec une rythmique riche et
martelée, presque assommante, et une guitare à vous
mettre des frissons dans le dos. Que dire de plus... The Call
of Ktulu est une merveille d'ambiance sombre, un déluge
de notes et de riffs bien calés et pensés.
Indescriptible, Ktulu achève de façon magistrale cet
album épique.
Avec Ride The Lightning Metallica montre
qu'il est possible de faire du thrash subtile et riche en terme de
création musicale. Les compositions sont mieux construites
et indéniablement plus abouties que sur Kill'Em All.
Les 'Four Horsemen' évitent de sortir une pale copie de
Kill'Em All et signent un disque varié avec des
compositions tantôt thrash, tantôt heavy, une ballade,
et une instrumentale. On regrettera simplement une production un
peu vieillote (mais ayant son charme !) et les deux pistes faibles
que sont Trapped Under Ice et Escape qui n'ont
pas leur place sur ce disque.
Bran
Kill'em All
Note : 18 / 20
Année : 1983
A Ecouter : The Four Horsemen, (Anesthesia) --
Pulling Teeth, No Remorse, Metal Militia
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41
Commentaires (Moyenne : 18.2/20) -
Nous sommes en 1983... Un groupe de jeunes de 19 ans issu de la
Bay Thrash Area de San Francisco (Slayer,
Megadeth, Testament, Death Angel...) s'apprète à
défigurer à jamais le paysage musical en sortant
Kill'Em All. Initialement baptisé 'Metal Up Your
Ass', ce CD pose tout simplement les bases du Thrash Metal
où les mots d'ordres sont vitesse, lourdeur et violence. La
pochette aux allures d'affiche de propagande communiste est l'une
des plus réussies du groupe et colle on ne peut mieux avec
la mentalité du groupe à l'époque : tout
détruire à coup de décibels !
D'emblée les 'Four Horsemen' y vont très fort sur
Hit The Lights avec une introduction en crescendo d'une
vitesse affolante, s'en suit alors des soli de folie sous fond de
grosse rythmique. Le chant de fausset de James Hetfield peut
choquer lors des premières écoutes, mais au fil du
temps cela passe très bien et apporte un sacré charme
à l'album. Les petites jeunes veulent tout
déménager et le clament bien fort : "We are
gonna kick some ass tonight, We got the metal madness".
The Four Horsemen (également surnom des membres du
groupe) va d'entrée de jeu vous coller contre le mur de
votre chambre avec une intro tonitruante à grands coups de
guitares heavy et de batterie. Vient ensuite une rythmique
reproduisant une cavalcade effrénée correspondant
parfaitement à l'image que nous donne le titre de la
chanson. Derrière sa batterie Lars Ulrich est tout
simplement monstrueux et Cliff Burton se régale
derrière sa basse avec une ryhtmique toute
légère et bien groovy. En plein milieu de la musique
les Horsemen font un gros break et partent tout en finesse dans des
sonorités plus jazzy. Osé, mais diablement efficace.
A noter que Dave Mustaine, ancien soliste du groupe et fondateur de
Megadeth, en a fait une version personelle intitulée The
Mechanix sur l'album Killing Is My Business. Tous les
membres du groupe sont fans de Motörhead et dédient le
titre Motorbreath à leur groupe phare tout en
conservant l'esprit du groupe culte de Lemmy Killmeister. Pas
marquante aux premiers abords, Jump in the Fire
impressionne de par son solo tout en tapping d'une rapidité
assez ahurissante. Kirk Hammett montre ici avec brio une partie sa
technicité.
Vient ensuite le titre d'anthologie de Cliff Burton, bassiste de
génie trop vite disparu. Cliff avait rejoint le groupe
à la seule condition de pouvoir effectuer des soli, chose
rarrissime à la basse dans le rock. (Anesthesia) --
Pulling Teeth est un petit bijoux d'harmoniques et
d'inventivité. Le morceau est entièrement joué
avec une grosse distorsion bien grasse. Les riffs sont
géniaux, conçus avec finesse et diantrement
efficaces. Si la première partie, sans la batterie, est
plutôt calme, la seconde l'est beaucoup moins et Cliff se
déchaîne en se prenant pour un Guitar Hero en tappant
dans les aiguës, en utilisant le tapping, en enchaintant les
hammer on/pull off... Une écoute de ce morceau suffit
à comprendre pourquoi Cliff Burton est
considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs
bassistes metal, et ce même si la musique n'est pas
forcément des plus abordables. Si vous voulez voir le
maître en action, procurez-vous le DVD Cliff'Em All,
tout simplement énorme ! Whiplash nous fait
redescendre sur terre et met particulièrement en avant Lars
Ulrich, la rythmique à la gratte et à la basse sont
du coup bien plus simples. La chanson Phantom Lord est un
petit hommage au groupe précédent de James. Le
schèma est repris de The Four Horsemen : gros riffs, un
passage plus calme avec un solo mélodique, re gros riffs
avec un solo thrash... Avec No Remorse les Mets combinent
efficacement le heavy et le speed, la fin de la
chanson est explosive et vous donnera de ces mals de nuque...
Après vient la cultissime Seek & Destroy qui
revient quasiment systématiquement en live avec son refrain
chanté par le public : "Searching ! Seek & Destroy
!". Eh oui, comme quoi il suffit parfois de pas grand chose
pour rester dans les annales. Pour finir en beauté les Mets
nous offre une chanson dantesque. Metal Militia est en
effet l'une des chansons les plus thrash du groupe. Les riffs sont
certes simples, mais bien pensés et d'une
vélocité à toute épreuve !
Novateur, jouissif, défoulant, bien pensé,
Kill'Em All reste plus de 20 ans après sa sortie une
petite perle dans le milieu de la musique. Dix titres, tous aussi
intéressants les uns que les autres, des morceaux cultes, ce
CD est clairement un incontournable. Bien qu'un peu vieillotte sa
production est suffisament correcte pour que le dique se laisse
parfaitement écouter encore aujourd'hui et seule la voix
criade de Hetfield pourra en rebuter quelques uns. A écouter
et réécouter !
Bran
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