Après un live avec l'orchestre symphonique de San Fransisco Jason Newsted quitte Metallica en 2001, Robert Trujillo (ex-Suicidal Tendencies, Ozzy Osbourne,...) prend alors le poste de bassiste et le groupe sort en 2003 St. Anger, album très controversé a cause de son son de batterie assez ignoble.
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Note : 13 / 20
Année : 2003
A Ecouter : Frantic, St. Anger, My World, Sweet Amber et All Within My Hands
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- 94 Commentaires (Moyenne : 10.98/20) -
Même si le groupe a perdu en popularité
après les Loads et surtout l'affaire Napster, dire
que Metallica était attendu au tournant avec St.
Anger reste un euphémisme. Le contexte de cet album est
très particulier pour tout un tas de raisons, à
commencer par le départ de Jason Newsted (souffrant de
problème de dos), et le fait que durant toute la
période de l'enregistrement le groupe était suivi par
un psy en raison des relations plus que tendues au sein du groupe.
Tout ceci est par ailleurs très bien expliqué dans le
DVD Some Kind of Monster retraçant les deux
années conflictuelles qu'a connu Metallica.
Le groupe était tout d'abord rentré dans un nouveau
studio, le Presidio, le 23 Avril 2001. Metallica voulait renouveler
sa musique, perdre ses marques, refuser tout confort en travaillant
dans un lieu brut et terne. Mais ce studio ne servit qu'un temps,
jusqu'au 19 Juillet pour être précis, puisque
l'enregistrement fut vite interrompu suite au départ de
James Hetfield en cure de désintoxication. Il y resta dix
mois ; dix mois durant lesquels Lars Ulrich et Kirk Hammett ont
dû prendre leur mal en patience et ont commencé
à douter de l'avenir du groupe. Metallica n'était
plus que deux.
Mais Hetfield finit par sortir, guérit et d'aplomb pour
enregistrer l'album, au Plant comme auparavant. Il
décida toutefois de placer sa famille au premier plan
et de ne bosser que de 11h à 16h, ce qui irrita fortement
Ulrich qui ne voulait pas à avoir à
subir de règles et qui bosser sans restriction aucune. Au
final le groupe parvint cependant à s'entendre et
l'enregistrement eu lieu assez vite une fois lancé. St.
Anger est un disque complexe, qui a subi une gestation
difficile comme on vient de le voir, et ô combien
décrié, tellement critiqué que les
Loads font pâles figures à côté.
Explications autour de quatre points centraux...
La première chose que l'on remarque lorsqu'on
écoute St. Anger pour la première fois c'est
que le groupe rejoue vite, aussi vite qu'en 1988 sur ...And
Justice For All. Exit les mièvries des
Loads et du très aseptisé Black
Album. Seulement voilà, un détail vient vite
ternir la chose : le son de la batterie. De la caisse claire plus
particulièrement. Lars Ulrich, si perfectionniste autrefois,
a décidé d'avoir sur ce nouvel album un son brut,
garage. Du coup la batterie a été enregistrée
avec des micros d'occasion ou bons marchés, et c'est
à peine si les réglages ont fait l'objet de plus de
cinq minutes d'attention.
Même s'il a le mérite d'être original, pour
beaucoup ce son est horrible, insupportable, et gâche
à lui seul tout l'album. Mais le jeu de Lars est pourtant
bon, quand on écoute ce qu'il joue on est obligés de
constater que ses contre-temps, ses parties couplées
à des parties purement rythmiques sont d'une
efficacité redoutable !
Donc Metallica rejoue vite, mais a un son de batterie
relativement ignoble, si ce point avait été le seul
défaut de l'album cela aurait pu passer, mais un autre
point fait cruellement défaut au disque : le manque de soli.
Kirk Hammett ne place pas un seul solo, Lars et James trouvant le
concept de solo dépassé pour cet album, ne collant
pas avec ce qu'ils voulaient, ils ont donc
préféré s'orienter vers des licks plus ou
moins réussis. Du coup on a accusé Metallica de faire
du « Nü Metal » !
Mais non, Metallica ne fait pas de
« Nü », chaque titre ou presque est plus
riche, et surtout mieux construit, qu'un album entier de ce
genre ; et pour cause, Hetfield a retrouvé son inspiration
avec des riffs accrocheurs comme sur Frantic, Some
Kind of Monster, All Wihtin My Hands, et j'en passe.
Les breaks sont également de retour et
omniprésents, ceux de Frantic, My World et
Sweet Amber sont même tout simplement énormes
!
Le titre de l'album est extrêmement pertinent puisque le
groupe a réussi à maîtriser sa colère,
à la transformer en énergie positive comme l'a fait
remarqué Lars dans une interview. Cela se ressent
également dans les textes, très
révélateurs sur la période tourmentée
qu'ont connu les Horsemen. On se retrouve donc avec un album
péchu et bourré de bonnes idées.
Il y a de bonnes choses, c'est une certitude (n'en
déplaisent aux mauvaises langues), mais il y a certains
points qui restent critiquables, comme notamment la longueur
excessive des chansons. Ca reste moins pénible que sur les
Loads, en raison de chansons moins
répétitives, mais bon... la chanson la plus courte
fait près de 6 minutes, c'est dire. St. Anger
est un disque long de 80 minutes dont il faut forcer la digestion
pour l'apprécier.
En outre, le chant est, comme le dirait Tom Araya (Slayer) :
« parfois bon, parfois franchement
mauvais ». Mais une fois encore, on est loin des
pérégrinations country des Loads, même
si Hetfield est vraiment pénible sur des titres comme My
World, Shoot Me Again et Purify. Pour le
reste, pas grand chose à redire, on retrouve avec plaisir
une hargne qu'on pensait tombée aux oubliettes. Le chant est
qui plus est relativement varié puisque Hetfield
murmure, hurle, change son débit de texte, sans trop se
fourvoyer. Concernant les choeurs en revanche, ce n'est pas trop
ça... Hammett remplace très mal Newsted à ce
niveau, si bien que ceux de St. Anger resteront cultes
tant ils sont mauvais.
Metallica n'ayant pas de bassiste depuis le départ de
Newsted, c'est leur producteur Bob Rock et James Hetfield qui ont
assuré à la basse sur cet album. Le groupe n'a pas
voulu engager de nouveau bassiste tant que leurs problème
relationnels n'étaient pas mis au clair, ne voulant ainsi
pas entraîner un nouveau venu dans leur m*rde. St.
Anger n'a donc pas bénéficié des apports
d'un vrai bassiste, cela n'empêche pourtant pas certains
plans d'être bien conçus, comme notamment ceux de
My World, Shoot Me Again et Sweet Amber,
qui bénéficient qui plus d'un son résolument
plus moderne, peu ou prou similaire à celui de Frank Bello
d'Anthrax avec une légère distorsion apportant une
lourdeur dantesque sur bien des titres !
Une fois encore Metallica surprend avec ce nouvel album. Nouvelle
direction, nouveau son, c'est forcément déroutant au
début, mais on finit par s'y faire. St. Anger est un
album complexe qui mérite qu'on prenne du temps pour
l'apprivoiser. Loin des Loads, cet album renoue avec
l'agressivité et une certaine inspiration. L'album
reste cependant hétérogène avec du bon, et du
moins bon, mais cette fois le bon l'emporte, si bien que certains
morceaux sont même bien supérieurs à tout ce
qu'a pu faire le groupe dans les années 1990, Black
Album compris. Mais seulement voilà, ses énormes
défauts contraignent fortement l'écoute, ce qui
fait que cet album restera un « mal
aimé » pour beaucoup, mais une fois les
difficultés d'écoute énoncées
dépassées, St. Anger n'est pas si mauvais que
ça...
Bran
Note : 10 / 20
Année : 1997
A Ecouter : Fuel, The Memory Remains, Prince Charming
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- 22 Commentaires (Moyenne : 10.34/20) -
Pour rappel, en 1996 Load avait divisé les fans des Horsemen, alpaguant une génération étant prise en plein essor du Metal et repoussant les fans plus anciens, ceux appréciant l'ère Thrash. Manque de bol pour ces derniers, Reload est issu des mêmes sessions d'enregistrement que Load et en constitue la « seconde moitié » (dixit Ulrich).
Reload entame les hostilités avec Fuel, chanson d'ouverture idéale car plutôt rapide et au chant énergique. Après Load, on ne peut que s'étonner de la qualité de cette chanson. Lars Ulrich fourni par moment une rythmique presque tribale sur laquelle les autres musiciens alternent riffs rapides et lents avec brio. Hammett renoue avec la vitesse sur son solo, et la rythmique en contretemps le suivant est une bonne trouvaille. Avec Fuel, The Memory Remains est l'autre temps fort de cet album avec son côté Bluesy mêlé à un Metal très lent et particulièrement Heavy. Derrière les « nanana » de Marianne Faithfull on retrouve même quelques consonances celtiques à la guitare. A noter que l'ex-compagne de Mick Jagger a également participé aux paroles de cette chanson basée sur le film Sunset Boulevard racontant la déchéance d'une ancienne star.
Reload démarrait mieux que Load, mais malheureusement ça s'arrête là. Devil's Dance amorce la chute de part son côté poussif, et surtout répétitif. Ca avait pourtant pourtant bien commencé, notamment grâce à une introduction très lourde à la basse, suivie d'une lente montée à la guitare, ce qui laissait présager de bonnes choses pour la suite. Hélas, hélas... La chanson en est restée là...
Pour The Unforgiven II, Hetfield expliqua que cette chanson était venue naturellement, et que ce n'est qu'une fois presque finie qu'il se rendit compte qu'elle ressemblait à The Unforgiven (présente sur le Black Album). Du coup, la chanson fut baptisée The Unforgiven II et reprend l'introduction de la première. Mais c'est presque là la seule ressemblance car cette The Unforgiven est nettement inférieure à celle du fameux album noir. Beaucoup trop longue encore une fois, et seul le solo mérite qu'on s'y attarde.
Better Than You remonte un peu le niveau avec un bon riff à la Black Sabbath. Sur le « Better Than You », Hammett reprend le chant de Hetfield avec sa wah, et force est de constater que le résultat est réussi. Le seul point que l'on pourrait reprocher à cette chanson serait le fait que le même riff soit assaisonné à toutes les sauces, sur les couplets, sur le refrain, sur le solo...
Sur Reload on va malheureusement de bonnes en mauvaises surprises. Slither débute bien mais ne décolle jamais. Comme pas mal de titre des Loads, c'est maladroit, peu recherché, et long... Mais long... mais long ! Le comble du mauvais goût étant tout de même l'effet mis sur le chant de James Hetfield. Ce dernier se rattrape heureusement sur Carpe Diem Baby et Bad Seed, chansons relativement moyennes mais relativement correctes si on les compare à l'ensemble de cette période peu inspirée.
Where the Wild Things est elle aussi correcte grâce à un contraste entre un chant languissant et un aspect parfois étouffant, parfois inquiétant. Ca traîne néanmoins en longueur, sept minutes pour une chanson qui n'évolue que trop peu c'est excessif !
A l'instar de Better Than You, Prince Charming est également digne d'un Black Sabbath avec ses riffs entraînants très orientés Stoner. Les breaks sont les bienvenus et sont propices à de bons passages instrumentaux, si bien que les six minutes de cette piste ne paraissent pour une fois pas interminables. Reload continue donc d'osciller entre le bon et le moins bon, chose d'ailleurs confirmée avec la pénible Low Man's Lyric, ballade excessivement longue ayant au moins le mérite de faire dans l'original en introduisant une cornemuse. Hetfield massacre encore une fois ce titre en tentant désespérément de mettre une once d'émotion dans ce titre.
Attitude se rapproche un chouia de Bad Seed, mais sans l'égaler, et n'est au final qu'une succession de notes placées maladroitement. En revanche, le solo de Hammett est quant à lui bien en place encore une fois et sauve la mise ! Fixxxer conclu plutôt mal l'album malgré un passage instrumental appréciable permettant de décompresser un peu lors de ces huit minutes... « No more, no more » gémit Hetfield à la fin, et on ne peut être que d'accord avec lui !
Au final Reload fait 1h16 ! Beaucoup trop pour un album aussi faible ! Il conclu le chapitre « années 90 » de Metallica, dont la seconde moitié fut désastreuse. Presque dix ans après, on se demande toujours comment les Mets ont pu sortir deux albums aussi faibles. Un seul, et avec une meilleure sélection des pistes aurait amplement suffit. A eux deux, Load et Reload cumulent 2h30 de musique dont on ne retiendra au final pas grand chose. Reload est cependant nettement moins mauvais que Load et dispose de titres plus accrocheurs. Les Loads constituent toutefois une mauvaise passe sur laquelle on ne reviendra que peu, voire jamais...